Panorama des emplois
L'ANFA publie un nouvel autofocus consacré au secteur du commerce de détail de carburants
L'Observatoire des métiers des services de l'automobile publie un nouvel Autofocus sur le secteur du commerce de détail de carburants, qui représente près de 10 800 stations-service en 2025 (stations portant les couleurs d’un réseau pétrolier mais également stations sans enseigne ou encore de grandes et moyennes surfaces alimentaires). Ce secteur, déjà fortement impacté par le passé par l’arrivée de la grande distribution, l’automatisation des infrastructures et les règlementations environnementales, va devoir faire face à la conversion du parc automobile, du thermique vers l’électrique...
Retour sur les enseignement principaux de l'enquête.
Le portrait sectoriel
Le secteur des stations-service est principalement composé de TPE : 94 % des entreprises ont moins de 11 salariés, à l'image des autres secteurs de la branche. Cependant, si les entreprises de plus de 10 salariés ne représentent que 6 % de l’ensemble, elles concentrent 56 % de l’emploi salarié. (À savoir : plus d’un quart des salariés travaille dans le réseau de distribution intégré de Total, Argédis.)
Avec 10 800 stations-service fin 2024, le nombre d’entreprises du secteur poursuit sa baisse structurelle : il a diminué de 17 % entre 2014 et 2023. Toutefois, après la très forte diminution du nombre de stations-service dans les années 80 (la France comptait plus de 40 000 stations en 1980 !), le secteur se stabilise : depuis 2014, cette baisse s’établit à 0,5 % en moyenne par an.
Contrairement aux autres entreprises de la branche, les entreprises 0 salarié n’ont pas progressé ces dernières années : leur nombre est resté stable, notamment du fait de l’absence de microentreprise sur ce secteur. De plus, les stations traditionnelles, au nombre de 5 572, ne restent que très légèrement majoritaires. Les GMS (stations de la grande distribution, Grandes et Moyennes Surfaces) au nombre de 5 234 sont en passe d'égaler leur niveau pour la 1re fois.
Côté emploi (17 000 salariés en 2024), l'importante baisse enregistrée jusqu’en 2013 était due à la baisse du nombre de stations-service et à l’automatisation des pompes et de l’encaissement. Cette diminution tend elle aussi à ralentir depuis 2013, exceptée en période Covid. Néanmoins l’année 2024 a vu l’emploi baisser de 2 % par rapport à l’année précédente avec une perte de 435 salariés.
À noter : toutes les stations-service autoroutières sont équipées de bornes de recharge pour véhicule électrique, mais sur l’ensemble du territoire, elles ne sont que 8 % à en être équipées.
Le devenir des stations-service indépendantes
La branche des services de l’automobile a souhaité réaliser une étude prospective relative à l’exploitation des stations-service traditionnelles à l’horizon 2035 afin d’évaluer l’impact de la transition énergétique en termes d’exploitation et d’activités, et d’appréhender les incidences des mutations du secteur en matière d’emplois et de compétences. Cette enquête concerne uniquement les propriétaires exploitants indépendants (environ 3 800).
Parmi les stations-service indépendantes, seulement 17 % des établissements n’ont pas développé d’activité complémentaire. Pour une station sur cinq, le commerce de carburant est l’activité principale mais pour la grande majorité (63 %), il s’agit d’une activité secondaire. Parmi les autres activités pratiquées par les établissements, près des trois quarts appartiennent au secteur automobile (maintenance et réparation automobile, vente de voitures, lavage automobile, location de voitures). Les autres activités sont très diverses allant en premier lieu du commerce.
Lorsque la distribution d’essence n’est pas l’activité principale, elle pèse pour moins de 15 % de la marge globale pour 56 % des sociétés concernées. A contrario, quand elle est l’activité principale elle représente plus de la moitié de la marge globale pour 36 % des sociétés. Pourtant, près de la moitié des interrogés qui ont des activités complémentaires déclare que l’arrêt de la distribution de carburant serait de nature à menacer la rentabilité de l’ensemble de la société. Sans surprise, le risque économique est surtout probant lorsque la distribution de carburant constitue l’activité principale. Ainsi, 9 entreprises sur 10 déclarent que l’arrêt de ce service serait une vraie menace pour l’activité globale.
La transition énergétique est mal perçue par les gérants et fait craindre un impact négatif sur leur niveau d’activité, pour 55 % d’entre eux. Pour autant, la moitié des professionnels n’imagine pas des besoins d’investissement qui seraient liés à cette transition énergétique. Les perspectives d’impact sur l’activité sont de même niveau entre les exploitations avec ou sans enseigne. En revanche, 68 % des stations multi-activités dont la vente de carburant est la principale activité, s’inquiètent pour l’avenir de leur structure.
Pour finir, 41% des interrogés envisagent de cesser leur activité de distribution de carburant d’ici 10 ans. Ce sont surtout les établissements qui ont pour seule activité la distribution de carburant qui n’envisagent pas de poursuite : 51 % d’entre eux disent stopper leur activité d’ici 2035 (contre en moyenne 38 % quand il existe une activité complémentaire). Plus précisément, les gérants faisant de la distribution de carburant une activité essentielle mais pas unique sont plus nombreux (30 %) à envisager une évolution de leur activité.