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Nouvelle enquête sur la place des femmes dans les services de l’automobile

L’ANFA a mené une étude qualitative sur les stéréotypes de genre et la place des femmes au sein de la branche des services de l’automobile. Réalisée auprès d’un panel de jeunes femmes et hommes en formation, de directions et de personnels d’encadrement de CFA, de formateurs, ainsi que de représentants d’entreprises, les résultats dressent l’état des lieux suivant : si la féminisation progresse, des stéréotypes peuvent persister, jusqu’à décourager certaines candidates. En parallèle, les partenaires sociaux ont confié à l’ANFA, en lien avec le secrétariat de la Commission Paritaire Nationale, la réalisation d’un guide dédié à l’égalité professionnelle dans la branche.
 

La féminisation progresse mais des inégalités persistent

Dans la branche des services de l’automobile, les femmes représentent près de 113 000 salariées (soit 23% des effectifs totaux) et 10 000 recrutées en 2024. A la rentrée 2025/2026, 4 800 femmes étaient inscrites en formation, soit 12% de plus par rapport à la rentrée précédente.

Alors que les effectifs féminins en formation ont triplé depuis 2016, les femmes sont faiblement représentées dans l’emploi, notamment sur les postes techniques pourtant en tension. En effet, seul 2 % des mécaniciens et carrossiers en emploi sont des femmes. Plus globalement, les femmes sont pour la moitié employées, sur des postes administratifs (assistantes, employées des services comptables ou financiers, vendeuses non spécialisées, etc.). Là où les hommes sont majoritairement des ouvriers qualifiés occupant des postes techniques (mécanicien, carrossier, peintre, etc.). Par ailleurs, des écarts de salaires persistent entre les hommes et les femmes dans certaines entreprises.

L’automobile en formation : les femmes s’imposent, des préjugés résistent

Les hommes, qu’ils soient formateurs, en formation ou en entreprise, s’accordent sur l’importance d’intégrer plus de femmes dans la filière. Les embauches de femmes dans la branche sont par ailleurs plutôt perçues positivement : les entreprises qui font le pas de recruter des jeunes femmes ont tendance à poursuivre la démarche et à en embaucher d'autres par la suite.

Les femmes font néanmoins l’objet de stéréotypes de genre : minutie, sens du relationnel, attention portée au travail. Bien que majoritairement positifs, ces stéréotypes restent des représentations généralistes et discriminantes, qui peuvent parfois se retourner contre elles, notamment quand la minutie est associée à une supposée lenteur d’exécution. Dans les faits, l’intégration des femmes demeure conditionnée à leur capacité à « faire leurs preuves », « s’imposer » ou « avoir du caractère ».

Les jeunes femmes interrogées soulignent toutefois une différence entre l’expérience en CFA et à l’atelier. La recherche d’entreprise pour l’accueil en alternance a été jugée difficile pour la moitié de l’échantillon féminin. Une fois embauchées, elles restent confrontées dans certaines situations à des comportements inappropriés, voire sexistes. En effet, sur l’ensemble des femmes interrogées, plus d’un quart des expériences vécues en entreprise relèvent du harcèlement ou de violences sexistes. En entreprise, cette situation conduit certaines d’entre elles à s’interroger sur leur avenir dans le métier de la mécanique ou de la carrosserie, voire à quitter le secteur des services de l’automobile.

Pourtant, les femmes empruntent bien souvent des parcours professionnels ou d’orientation plus matures, marqués par des niveaux scolaires plus élevés, des expériences professionnelles préalables et un âge moyen supérieur à celui de leurs homologues masculins.

« Le fait que de nombreuses jeunes femmes envisagent de quitter la filière constitue un signal d’alerte pour la branche. Ces parcours sont souvent plus mûrs, plus construits, et témoignent d’un véritable engagement dans ces métiers. Il est donc essentiel de sensibiliser l’ensemble de l’écosystème automobile aux discriminations de genre afin de créer les conditions favorables à une intégration durable des femmes dans les métiers des services de l’automobile, » souligne Marion Vidal, Responsable de projets au sein de l’Observatoire des métiers des services de l’automobile.

Un guide de l’égalité professionnelle : poursuivre l’attractivité tout en favorisant une insertion durable dans la branche

L’enquête de l’ANFA sur les conditions d’accueil de jeunes apprenties dans la branche permet de mettre en lumière un double enjeu : il faut d’une part poursuivre l’effort d’attractivité de ces métiers auprès des jeunes femmes et d’autre part chercher à favoriser leur insertion durable en agissant notamment sur leurs conditions de travail. 

Dans ce contexte, les partenaires sociaux de la branche ont confié à l’ANFA la réalisation d’un guide dédié à l’égalité professionnelle qui prend la forme d’un site. Il s’agit d’une première réponse de la branche, qui valorise les actions menées par des entreprises pour favoriser l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, la mixité professionnelle, l’intégration et la fidélisation des femmes.

Découvrir le site : https://www.egalitepro-services-auto.fr/

Huit étapes clés ont été identifiées comme des moments de bascule qui peuvent engendrer des difficultés dans les parcours des salariés : l’orientation et la formation initiale, le recrutement et la sélection, l’intégration et l’accueil, le développement des compétences, les conditions de travail, l’égalité des rémunérations, la parentalité et l’évolution de carrière.

Au sein de ce guide, l’ANFA a regroupé trois témoignages d’entreprises qui se mobilisent à l’image du GARAC qui sensibilise dès l’orientation via des journées dédiées au recrutement de femmes (Girl’s Day), du groupe Mary qui a créé un guide de lutte contre le sexisme ou encore de DEKRA Automotive avec la mise en place d’un programme de mentorat.

Enfin le guide met à disposition des entreprises des informations et des outils d’aide à l’action clés en main pour accompagner les entreprises et les organismes de formation : une check-list de l’égalité, des exemples de chartes à dupliquer, des fiches de postes inclusives et non genrées, etc.

« Nos efforts pour attirer plus de femmes dans la branche commencent à porter leurs fruits, mais si l’environnement n’est pas favorable en entreprise, ces efforts restent vains. Faire un état des lieux des difficultés auxquelles elles sont confrontées est une première étape : de l’absence de vestiaires dédié à la remise en question de leurs compétences ou à une ambiance de sexisme, les leviers sur lesquels agir sont multiples. La prochaine étape de faire connaître aux entreprises quelles actions efficaces peuvent être mises en place. Le guide sur l’égalité professionnelle a pour vocation de les accompagner sur cette voie. Nous ne parviendrons pas à cette transformation sans l’appui des entreprises », déclare Guillaume Faurie, Délégué Général de l’ANFA.