Panorama des emplois
Face aux tensions de recrutement, le secteur de l'enseignement de la conduite accélère sa transformation
L'Observatoire des métiers des service de l'automobile publie un nouvel Autofocus sur le secteur de l'ensemble de la conduite. Depuis 2019, l’emploi salarié dans ce secteur est reparti à la hausse. L’activité, portée par la croissance démographique des jeunes et la demande importante pour la formation aux permis de conduire, est néanmoins soumise à d’importantes évolutions règlementaires. De plus, le secteur qui compte aujourd’hui 12 000 entreprises et 28 800 salariés, se confronte également à plusieurs tensions : pénurie de places à l’examen, restrictions du financement et des difficultés de recrutement.
L’enseignement à la conduite retrouve de l’élan. Entre 2020 et 2024, les inscriptions au permis de conduire ont bondi de 28 %, portées par une forte demande des jeunes : les 16-24 ans concentrent 73 % des permis délivrés. La dynamique s’est encore accélérée en 2024, avec une progression de 8 % par rapport à l’année précédente. En cause notamment : l’essor du groupe moto, en raison de l’ouverture du financement via le CPF, qui a attiré 66 680 candidats supplémentaires, mais aussi l’abaissement de l’âge légal du permis à 17 ans. Cette vitalité se reflète aussi dans l’emploi. Après une période de repli, le secteur repart à la hausse et compte 28 807 salariés en 2025, soit 13 % de plus qu’en 2020.
Porté par une forte dynamique, l’enseignement à la conduite doit pourtant composer avec d’importantes tensions de recrutement. Le secteur qui comptait 1 950 postes d’enseignants non pourvus sur l’année 2004, soit 36 % des volontés d’embauche, doit s’adapter à la demande qui progresse et les départs en fin de carrière doivent être anticipés.
Pour accompagner ces mutations, l’ANFA poursuit l’évolution des qualifications et certifications de la filière. L’objectif : adapter les parcours aux réalités actuelles des écoles de conduite, dans un contexte marqué par les nouvelles mobilités, l’électrification du parc, les évolutions réglementaires et les besoins croissants de montée en compétences. Cette refonte se traduit notamment par la création de nouvelles qualifications administratives, à l’image de celle d’auxiliaire de gestion des écoles de conduite. Les certifications des principaux métiers ont également été actualisées, tandis que certains parcours professionnels ont été clarifiés et revalorisés. La qualification d’enseignant de la sécurité routière et de la conduite automobile devient ainsi le point d’entrée de la filière à l’échelon 9, pour les titulaires du BEPECASER comme du TP ECSR. Une évolution qui permet d’harmoniser les situations entre professionnels issus de certifications différentes et de structurer deux grands parcours : l’un orienté vers l’enseignement, l’autre vers les fonctions administratives. Des possibilités de passerelles entre les parcours permettent de faciliter les évolutions professionnelles dans la filière.