Prospective

Depuis 2008, l’Observatoire des métiers des services de l’automobile met en place des travaux prospectifs destinés à identifier les besoins en qualification de la branche à moyen terme. S’engager dans une démarche prospective n’est pas de prédire ou de prévoir l’avenir mais déterminer à travers l’édification de scénarios le champ des évolutions possibles.

Méthode

Sur la base de travaux prospectifs réalisés en 2008 puis en 2015, l’Observatoire des métiers des services de l’automobile aidé du Céreq a reconstitué un système statistique complexe organisé autour de l’évolution de l’emploi salarié, de l’évolution de la structure des catégories sociales, des départs en fin de carrière, de la mobilité intersectorielle et des promotions professionnelles. Ce système permet d’aboutir aux besoins en recrutement que la branche des services de l’automobile doit former et qualifier annuellement.

L’Observatoire s’est entouré des services de l’Etat spécialisés dans la prospective en besoins en qualifications (Céreq, France Stratégie), d’un groupe d’experts issus du monde universitaire et de cabinets conseils spécialisés dans l’automobile et d’IRP Auto (caisse de retraite et prévoyance de la branche des services de l’automobile).

Un programme de travaux prospectifs élaboré avec Futuribles, cabinet d’experts en méthodologie de travaux prospectifs, a été organisé en quatre temps :

  • La définition des éléments qui font varier l’emploi sectoriel, les départs en fin de carrière et les qualifications ;
  • La définition d’hypothèses d’évolution de ces variables ;
  • L’assemblage de ces hypothèses afin de créer des scénarios ;
  • Une application des scénarios sur le système statistique afin de définir les besoins en formation de la branche.

Variables

Le groupe d’expert s’est accordé en 2012 sur 19 variables susceptibles de faire varier l’emploi dans le commerce et la réparation automobile à l’horizon 2022 :

  • Des facteurs d’évolution macro-économique (Croissance économique, prix du carburant à la pompe, prix de l’immobilier, conjoncture du transport routier) ;
  • Des facteurs d’évolution micro-économique (politiques des constructeurs automobiles vis-à-vis de leur réseau, stratégie des distributeurs de carburant, marché du pneu) ;
  • Des facteurs d’évolution technique (technologie automobile) ;
  • Des facteurs d’évolution réglementaire (vignettes et taxes, primes et bonus, politiques de sécurité routière, législation des installations des entreprises de carburant, contrôle technique et politiques locales de mobilité) ;
  • Des facteurs d’évolution démographique (croissance démographique, développement de la population en zone urbaine) ;
  • Des facteurs d’évolution sociale (évolution des catégories sociales, évolution de la typologie des consommateurs automobile) ;
  • Des évolutions liées à la politique de formation.

Il est vraisemblable qu’un nouvel exercice prospectif puisse faire apparaître d’autres variables qui commencent à prendre une importance croissante (développement de la dette des ménages, règlementation européenne anti-pollution, voire impact des marchés internationaux - notamment BRIC - sur les emplois de la branche).

Scénarios

A l’horizon 2022, quatre scénarios ont été retenus :

  • Un scénario Iso correspondant à la poursuite de tendance des années 2004-2013 ;
  • Un scénario Moderato axé sur une croissance nulle ou négative durable ;
  • Un scénario Fortissimo composé de variables positives au secteur ;
  • Un scénario Actio basé sur des actions politiques écologiques.

Prospective

A l’horizon 2022, il a été évalué : 

  • Que le volume d’emploi du commerce et de la réparation automobile pourrait se situer entre 345 000 et 272 000 en 2022 en fonction des scénarios retenus ;
  • Que l’âge moyen de départ en fin de carrière pourrait se situer entre 59 ans (pour des ouvriers non qualifiés) et 60 ans (pour les cadres et employés), induisant ainsi entre 6 000 et 7 500 départs annuels ;
  • Et qu’entre 3 500 et 6 000 salariés pourraient quitter annuellement le secteur pour aller dans un autre secteur, sans être remplacé par d’autres salariés provenant d’autres secteurs.

Finalement, c’est entre 10 000 et 14 000 jeunes que le secteur du commerce et de la réparation automobile doit former et recruter annuellement.